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 mes désirs sont désordres ◭ ringo

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Lyon


MessageSujet: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Dim 22 Jan - 14:37

mes désirs sont désordes


MES DESIRS SONT DESORDES

Je colle ton visage dans un coin dans ma tête, pour pas l'oublier, j'en serais capable. Je sais pas ce qui serait préférable, je ne fais pas dans l'honorable, alors je passe vite à autre chose comme on change de chemise, je range dans ma poche mes remords, je grogne comme un chien enragé et j'arrive pas à mordre.
J'ai gardé le contact de ta peau quand j'ai balancé mon poing. J'ai gardé le petit cri et des mains qui brassent de l'air. Mais on peut pas se noyer dans le ciel, j'avais envie de te crier. Y a que dans des mensonges que tu pouvais tomber. Tes mensonges. Je t'ai crevé dans mes songes. C'était tentant, attraper ta gueule d'enfoiré et te la couper comme un poulet, te rejeter dans la basse-cour et voir ton corps s'agiter alors que t'es déjà parti bouffer des pissenlits par les pieds.
Comme un animal. Un trophée de chasse et je me proclame justifier, les menottes aux mains.
Je suis désolé monsieur l'agent, je suis pas fais pour tuer. Je dérape et je me rattrape, je reviens sur mes pas et je regarde en arrière. Je tombe aussi.
J'ai pas voulu frapper.  Comme-ci j'étais un putain d'éclair et que t'avais fui sous un arbre, abrité par tes conneries et tes petites affaires, et ça a plus attisé les flammes que prévu.
J'ai déraillé. Mais j'ai pas envie de tout réparer.
Je viens avec ma hache de guerre et j'ai pas décidé si je devais l'enterrer maintenant ou t'enterrer toi. J'ai envie de parler, de réfléchir avant d'agir, de remplir quelque chose qu'on a pas creusé.
Je ne sais pas ce que je fais.
J'attend. Depuis le petit matin, j'attend depuis mes muscles ne veullent plus bouger, que ça tire dans mon dos, depuis que l'ennuie m'a tué. J'suis un vampire et je viens sucer ton sang enthousiaste de foiré.
Que tu sortes de ta cachette et que je puisse te trouver. Comme on joue au loup et à cache-cache et toi t'es un genre d'agneau que je suis venu chasser. Les mains dans les poches, exposé au vent frais, j'imagine que tu l'avais prédit si t'es un petit génie ou que tu t'en doutais.
Mais j'imaginais pas ta petite gueule abîmée, j'imaginais par le noir au yeux, j’t'imaginais pas tout gris, dépareillé, sans tes couleurs qui me donnent envie de gerber, ta lumière qui est sensée réchauffer c'qui autour et donner envie de danser. T'es comme un lapin prit dans les phares.
Et t'es tellement en nuance de gris et de noir.
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Ringo


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Dim 22 Jan - 17:00

La pisse, la dope, la merde, les râles. C'est tout ce que ça sent ici. Les poings bien plantés dans sa veste, il dévisage celui qui lui fait face. Il lui parle, il lui cause. Il lui vend de l'or en boîte. Dans ses poches, les quelques billets ont déjà été encaissés. Il lit pas sur la main Ringo, non. Il sait lire sur les visages. Il lui prédit la perdition, l'extase la plus pure, le nirvana qui crève sur l'instant. Et l'autre, l'autre il sourit d'un grand sourire édenté de dents dorées. C'est pour ça qu'il est là, c'est pour ça qu'il fait ça. Sous la capuche sombre, il dissimule sa tronche trop blanche. Il fait porcelaine, il fait cassable, il fait brisable. Et c'est surtout sa honte qu'il entasse dans un pot de peinture.

Le coquard se réveille.

Le coquard est encore là, bien bleu, bien violacé, bien violé de toute expression. Il est arrivé d'un coup, sans qu'il y pige les raisons. Il est arrivé comme ça, semblable à une fin du monde. Et il est tombé Ringo, il s'est fait mal au cul plus qu'à la tête. Y'a quatre jours. Peut-être plus. On l'a jamais touché le voyant, peut-être pour le culbuter, pour le mettre à nu. Pas pour lui arracher la seule chose qui pourrait pour lui compter : un minimum de gueule. Il pince sa lèvre inférieure, termine son éternel discours en passant quelques doigts rassurants dans la tignasse du défoncé aux emphets.
C'est bien ici que ça s'est passé.

Il y revient toujours. La victime et l'agresseur. Et c'est en tournant la tête que Ringo le voit, qu'il fronce un peu les sourcils et inspire profondément. C'est le mieux à faire, se tirer. Il se sépare du client. S'enfonce dans ses fringues, comme s'il allait se faire bouffer par le tissu. Y veut rien dire, Ringo. Il a pas le courage. Il veut pas s'en reprendre une. Alors il le fixe juste, le gamin qui se croit au-dessus des lois, qui se croit grand. Qui se prend pour le sauveur. L'attrape-couleurs délavées.
Contemple ton oeuvre, pauvre connard.
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Lyon


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Dim 22 Jan - 17:32

mes désirs sont désordes


blow a kiss fire a gun

Je m'attendais à ce que tu te jettes sur moi comme un petit chien enragé. Avec tes crocs qui brillent autant que ta peau sans oublier de longs filets de bave qui filent comme les larmes que je t'imagine, le soir,quand tu rentres chez ta daronne pour te coucher. (T'as une daronne ? Est-ce que tu dors ?).
Moi je ne dors pas. Pas besoin d'être voyant pour le deviner. Moi aussi je peux dire l'avenir.
Tu vas sans doute finir buté par un client qui aura pas aimé l'arnaque et j'irais à la marche blanche organisée pour ta petite personne oubliée. Si j'y pense, je prendrais une rose. Rosé pétante, pour qu'au déjà tu puisses déjà avoir plus d'allure.
Mais tu te tais, tu restes à me regarder là, comme-ci j'étais un monstre.
Tu refuses de te rebeller.
Ça m'aurait donné une bonne raison de claquer ta figure une seconde fois, j'ai oublié à quel point elle donne envie ta gueule. C'est pas humain de transpirer l'innocence, tu pues la victime à des kilomètres mais t'as des yeux qui me font demander si je suis pas déjà mort fusillé, que c'est juste mon esprit qui est encore présent pour quelques instants. J'ai besoin de croiser les bras pour m'assurer que mon corps est bien présent, que j'ai pas fondu. Je suis glacé et toi t'es réchauffé.
Tu me brûles, mes doigts me brûlent. (Il fait juste froid).
Le silence fait mal.
« T'as une putain de sale gueule. »
Mon sourire se pince, je ne sais pas sourire comme les mecs sur les clichés des photographes. Soit je souris trop, soit pas assez. Ici, je suis juste une marionnette qu'on a accroché et oublié, c'est mes fils qui s’apprêtent à casser.
« Ça fait mal ? »
Tu vas sans doute me prendre pour un sadique qui veut savoir s'il a pas manqué. Si j'étais drôle je t'aurai demandé si je t'ai tapé dans l'oeil. Mais je me tais. Je ne suis pas drôle.
Je suis un sadique, un connard, un paumé. Mais pas un guignole ou un forain à la con qui s'amuse toute la sainte journée.
Pour autant, je n'ai jamais trimé en mer. (Mais ça, personne n'est obligé de la savoir).
En réalité, je veux juste savoir par curiosité, parce que des coups je crois pas qu'on m'en ai donné.
Pas physiquement.
Dans ma tête c'est autrement. J'ai des hématomes à la place des rêves et des pansements au coeur. Juste assez pour l'empêcher d'exploser.
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Ringo


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Dim 22 Jan - 17:56

C'est show-time. Le moment où les deux comètes entrent en collision, là où le big bang prend place et arriver à créer une toute nouvelle planète. Il saurait pas comment nommer la leur. Sans doute limbes. Ou quelque chose qui y ressemble. Un clash entre deux horreurs, entre deux extrêmes qui savent pas faire ça dignement. Faut l'affrontement, faut les regards qui se toisent, qui se jouent lanceurs de couteaux. Sinon c'est pas marrant. Sinon ça vaut pas le coup d'avoir tout un public autour. Et il entend même pas le ronron des bagnoles. C'est froid, c'est vide, c'est des gravats. C'est pas leur lieu de prédilection, ou peut-être que si. Ils finiront à la terre entre ces murs qui dégueulent des rats, qui laissent passer la peste, le choléra. La galère et le désespoir, aussi, un peu. C'est parfait pour sortir les gants, pour se foutre des coups, s'envoyer en l'air à terre et s'essouffler dans une folie passagère.

L'autre il l'ouvre.

C'est l'étranger aux longs cheveux bruns. Il a pas eu le droit aux présentations basiques et classiques, vaut mieux entrer dans le tas directement, paraît que ça forge le caractère. Et soudain, son bleu se met un peu à gonfler, à faire valser du sang, ça le fait grimacer sous les remarques foireuses de l'attaquant-dominant qui ferait mieux d'aller chasser les vagues plutôt que le béton. Il sourit Ringo, juste un peu, pas assez pour la jouer provocation. Discrètement. Distraitement.
- La mienne de gueule, tu l'as ravagé. Toi la tienne, tu dois te la coltiner tous les jours sans que j'aie rien fait. C'est triste hein ? Mord, mordille, mordouille. Ouais, ça fait un peu mal. Mais j'essaie de trouver du plaisir dans ta belle performance.
Main droite qui sort de sa poche, il glisse son pouce sur la surface charbon. Soupir léger qui fait frémir sa bouche rose.
- En tout cas, t'as choisis le bon endroit pour faire ton come-back. Cette lumière te rend moins sinistre, on dirait même que t'as une palette de couleurs sur ta peau, ici ou là.
Sacrilège. Infamie.
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Lyon


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Dim 22 Jan - 18:30

mes désirs sont désordes


blow a kiss fire a gun

T'inquiète pas pour ma gueule, j'ai appris à la supporter. Je suis pas le genre de personne qui a besoin de se coller devant un miroir.
Je sais très bien à quoi je ressemble.
Je sais très bien que je suis le gars gauche que tout le monde pourra désirer le jour où j'aurais trouvé comment bien viser. Tout ça s'apprend, même séduire, même baiser, même aimer. T'inquiète pas qu'un jour je mettrais mon poing au bon endroit au bon moment que pour ça des gens pourront m'admirer, que j'aurais à mes pieds mes petits groupies pour me servir de compagnie. Sinon je prendrai un chien.
Je l'appellerai le Chinois. Juste pour te faire chier. Mais je ne te le dirai jamais.
Plus tard, on ne sera rien.
J'aurais du faire boxeur, au moins, j'aurais eu plus de gueule, on m'aurait filé des protéines et je n'aurais pas à ressembler à un ado en chaleur qui refuse de se couper les cheveux pour s'affirmer.
J'aime juste la sensation du vent contre les miens, j'aime les voir s'envoler. Il sont à moi et pourtant je ne peux pas les contrôler.
Toi t'as pas assez de cheveux si tu veux savoir. Toi t'es un pas assez et je suis un trop, trop en colère et toi pas assez certain de ce que tu fais. Avec du talent, peut-être que t'aurai vraiment pu le lire, l'avenir. Je sais pas ce que t'aurais trouvé pour moi.
Rien, je ne vais pas bouger. Je vais rester là. Jusqu'à me congeler sur place. A travers les âges. Mal vieillir, boire et me suicider.
« C'est au collège qu'on la sort cette vanne, essaye à nouveau, t'as bien d'autre tour dans ton sac non ? T'pourrais me faire peur avec tes pouvoirs magiques et me maudire, vous devez bien avoir des poupées vaudou, un truc du genre. »
Plante l'aiguille droit dans mon coeur et assure toi de ne pas manquer l'artère.
« C'est à ce moment là que je te demande si tu veux savoir avec moi dans les films. »
Le bad boy qui finit par embarquer l'intello mal luné, mains dans la main, une belle fable de tolérance pour la réalité coriace. Ta petite connerie à l'eau de rose. Je ne sais même pas pourquoi ça me fait rire, sourire.
Si je te prends avec moi, je recommencerai et ça se finira dans le sang.
Encore une fois.
Je crois pas qu'il y ait d'autres issues possible.
« Alors t'es maso c'est ça ? Si tu veux je peux recommencer pour chaque foutu mensonge que t'a raconté aujourd'hui. Et quand t'aura plus de visage, je prendrai tes mains. Je les écraseraient, j'te les briseraient. »
Je te ferai mal à en crever. Mais tu ne pourras pas t'échapper.
J'essaye de te faire peur, je me relève, je m'approche, j'avance assez doucement pour te laisser le temps de filer. En langage corporel, je t'intime de rester. J'ai encore d'autres choses à raconter. J'ai d'autres ombres à sculpter. J'ai du noir à faire saigner de tes yeux, peut-être que si je vide l'encre de tes veines, tu redeviendras coloré.
Est-ce que tu l'as jamais été ?
Moi je suis juste pâle, je suis délavé. Mes couleurs sont passées, abîmées, on ne peut plus les raviver. Mais pas non plus les retirer. J'erre entre le vivant et le non vivant. Je ne sais pas où je vais. Mais je vais bien.
 
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Ringo


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Dim 22 Jan - 18:55

Baisser les yeux. Se rouler en boule. Pleurer, peut-être. Fuir le plus loin possible. Sentir ce souffle se bloquer entre le coeur et la bouche. Sentir tout l'air se calciner contre la peau. Partir. Surtout partir. C'est ce que l'instinct lui dit et c'est cette voix sourde qu'il arrive pas à écouter comme il le faudrait. Au camp, il dit oui à ceci, oui à cela. En dehors, il refuse. Il adhère pas, il adhère plus Ringo. Il se sent paradoxalement plus libre, tout en étant enfermé. Et c'est lui le bourreau, c'est lui qui veut le dégoûter des limites entre le ciel et la terre. C'est lui qui veut qu'il reste où il est. Et ses jambes, ses jambes au voyant, elles sont tétanisées, elles se sont aguichées du macadam, elles sont devenues aussi sèches et chaudes. Il continue de bouffer sa lèvre inférieure, il accuse un peu le coup. C'était pas beau, c'était pas bien, c'était pas joué de façon fine. Même un môme de cinq ans aurait pu être plus violent. Mais Ringo, Ringo il sait pas comment faire. Ringo on lui a pas donné de cours en amont pour qu'il puisse gérer une haine, une rage aussi grande. La sienne à lui, elle est sourde, elle fait eau de javel sur ses fringues qui finissent dans les égouts. Il pourrait reculer.

Il pourrait.

Il pourrait cracher sur sa gueule, sur ses joues creuses et sur ses cernes. Il pourrait lui rendre sa claque. Il pourrait lui foutre au moins un coup de pieds entre les jambes, le mettre à terre. Le foutre à genoux. Lui faire sentir que le roi en ces lieux, c'est lui, c'est personne d'autre. Il pourrait faire tellement. Et il fait rien. Il attend que ça passe. Qu'il lui dise de lever les bras en l'air, et d'attendre la balle qui transpercera sa nuque. Il se rapproche.
- Oh arrête, tu vas me foutre la trique. Claquement de serpent. Ses poings se serrent dans ses poches poussiéreuses. Il garde encore sa capuche. Il veut pas la jouer peinture qu'est trop admirée par les passants. Je fais pas ce genre de prédictions, je pique pas des cheveux pour les foutre sur une poupée. Moi je sauve les sombres connards comme toi. Rictus nerveux. J'essaie, en tout cas.

Il en mène pas large. Mais il essaie. Il essaie tout, Ringo. Il crache sur rien, il apprécie. Il détaille les traits du bulldog enragé. Il voudrait bien tout défaire, tout retaper à la poterie pour que ça fasse mieux, pour que ce soit doux. Moins tranché. Moins bouffé.
- T'attends quoi ? Le déluge ? Il fait un pas. Juste un seul. Il a atteint la limite où le retour est plus possible. Il est terrifié. Apeuré. Il voudrait l'aider. Abîme moi, j'en rêve. Encore.
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Lyon


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Dim 22 Jan - 21:24

mes désirs sont désordes


blow a kiss fire a gun

Ridicule petit gamin, arrête toi là.
Arrête, juste arrête.
C'est pas faute d'avoir prévenu, je me demande si t'es juste sourd où si c'est ma voix qui porte pas. Si je fais pas assez peur. Si ça n'a rien à voir. C'est comme dans un train fantôme, tu peux pas t'empêcher de continuer, tu peux pas juste tirer la sonnette d'alarme et t'enfuir. Il faut que t'ailles au bout. T'as peut-être un truc à te prouver. Ou juste une poule mouillée, tellement que même t'enfuir ça t'empêche bouger. Mais ça arrête que le temps, pas la douleur.
Je vais t'en foutre une, je vais te réveiller. Ou c'est moi qui vais me défiler.
Y a ta capuche que ma main envoie balader, ton visage en peinture qui s'imprime sur ma rétine, scanné comme un simple fichier, stocké quelque part. Je t'oublierai et tu reviendras quand je ferai le ménage dans ma conscience. J'aurai même pas de nom à donner à ton fichier.
Ça fera moins de regrets.
Je caresse tes cheveux comme un petit chat (Je veux t'entendre ronronner). Avec ma tête de plus que toi, t'es tout petit d'en haut, mais en dehors de mes jambes, je suis pas très grand non plus, je suis un mauvais géant, j'en ai hérité que l'appétit pour les gens.
Si t'étais une nana j'aurai tiré sur ce qui recouvre t'appelle des cheveux, mais j'ai passez de matière, je cherche pas te rendre chauve, à te refaire une beauté, à jouer les gosses dans une cours de récré. C'est à peine si le moindre contact m’électrise. Je me demande si je devrais pas plus écraser ton visage contre la portière d'une voiture, briser une vitre. Déchirer et m'ouvrir les veines après on me rendant compte de ce que j'ai fait.
Je me pose sans doute trop de questions. Je ne sais même plus ce que j'ai contre toi.
Un frisson s'enhardit le long de mon échine.
Si on s'amuse autour d'un feu alors pourquoi j'ai toujours aussi froid ?
Tes mains je voulais qu'elles soient chaudes, je m'y essaye aussi, comme-ci je passais ton corps au peigne fin, que je cherchais l'endroit où j'allais planter mon couteau.
Je suis désarmé.
« Comment ça tu sauvas ? Me fait pas gober que t'es le fils de Jésus. De lui t'as peut-être que la virginité. J'vois pas comment tu peux réparer des gens qui sont ratés. »
On appelle ça prêcher le faux pour savoir le vrai.
« Quoique, ça expliquerait pourquoi tu fais le martyr. J'peux t'arranger l'autre oeil au pire, tu diras que c'était un cosplay panda, t'as bien la tête. J'imagine que ta peau aussi est toute fluffy tu permettras que je touche ? »
Dans ma tête c'était plus acide, ça se calme comme un vent qui retombe sur l'océan, pour repartir de plus belle, le ton n'arrive pas à monter. Il a pas le cœur aux vagues.
J'peux pas croire qu'il existe la paix quelque part, le simple fait de respirer c'est déjà se battre contre une faucheuse qui attend le bon moment pour t'envoyer ailleurs. L'ailleurs dans lequel on ne peut plus voyager, ni revenir, dans lequel on cesse enfin d'exister.
Et si je te disais qu'en vérité, j'ai peur de crever ? Que je fais le dur en disant que ça me fait rêver mais que j'attends d'autres choses avant de voir le rideau se baisser ?
Que j'ai peur. Moi aussi. De toi.
A la place je tire une joue, t'es définitivement un bébé, un vieux sage dans le corps d'un gamin, d'une poupée, d'une figure de silicone. Je m'attendais presque à sentir le botox rouler sous mes doigts. Je balance un souffle sur tes lèvres gercées. Je n'ai pas besoin de te frapper pour t’abîmer. T'es déjà un jouet usé, apprécié. Dans tes yeux je le vois.
Ça hurle, ça crie.
Je lance un coup de genoux distrait. Tu verras qu'allongé on voit mieux les étoiles briller. Je vais pas tarder à te rejoindre non plus.
C'est l'appel à la revanche. Toi aussi,viens, frappe moi. Réveille moi.
 
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Ringo


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Lun 23 Jan - 12:14

Manipulé. Frôlé ici. Attrapé là. Touché de partout. Il laisse des traces noires sur sa tronche, puis sur ses cheveux, un peu partout sur cette mine dévoilée au grand jour. Elle est pas belle. Elle est pas comme d'habitude. Elle est marquée au fer charbonneux par ce cauchemar ambulant. Dans son esprit y'a des tas de scénarios qui se déroulent, des scènes qui se défoulent. Y'en a aucune qui prend pourtant place dans le vrai monde. Dans l'onirique c'est une autre histoire. Il se sent pousser des ailes, il le renvoie dans le trou duquel il est venu, il le massacre, il le transforme en roche, il l'humilie devant les camés qui défilent dans le parking. Et autour, il est plus capable de percevoir les monstres mécaniques froids qui se transforment en arbres. Y'a que lui et sa grande gueule d'apôtre, ses paroles qui piquent, ses violences verbales qui passent sans être réellement entendues. Il serre. Tout se coince en lui, ça fait cric et crac, ça fait plus tic encore moins tac. Y'a pas de nom à mettre, et c'est sans doute ça le plus frustrant. Il mourra sans avoir connu son identité, sans avoir pu le maudire après le trépas, sans possibilité de le retrouver dans l'annuaire des cadavres. Sans rien. C'est juste ce mec, ce grand crétin, ce monstrueux salopard qu'a les poings qui démangent, les phalanges qui s'arrangent dans une danse maladroite.

Pleure pas.

Braille pas. Même si ça se bouscule, même si une foule dingue veut qu'il s'abandonne ici. Dans cette même idée d'un autel où on jette le bonhomme à sacrifier, qu'il regarde l'horizon et attend le couteau en plein coeur qui le découpera jusqu'aux entrailles.

D'un coup, il tombe Ringo.

Il tombe à moitié, à genoux. Il a perdu le souffle et cherche à le récupérer dans les décombres, yeux écarquillés. Putain, ça fait mal.
- Toucher ? T'as cru que j'étais ta pute ? Hein ? Il glousse un peu, nerveux, ça se brise à la bordure de sa bouche. En plein dans le bide. Il y a laissé un creux béant, ou quelque chose du genre. T'aimes bien casser, t'aimes bien briser. C'est bien, bravo, mes félicitations, t'as tout du gamin capricieux qui fait 'mumuse avec un nid de fourmis. Elle est où ta loupe pour que je m'enflamme ? Elle est où ? Il tremble, un peu. Puis il se redresse mollement, il a une main posée sur son ventre, ça s'apaise vaguement à mesure qu'il cale la peine ailleurs. Il perd pieds, Ringo. Il pige pas. Mais c'est ses mains qui d'un coup viennent pousser l'autre, c'est pas des poings, c'est à plat. Rien de douloureux. Il retient, il garde. Alors qu'il devrait, devrait lui déglinguer la mâchoire.
- Casse-toi. Recule de deux pas. T'es personne. Et j'ai rien à foutre avec personne.
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Lyon


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Lun 23 Jan - 19:03

mes désirs sont désordes


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Même quand tu tombes, t'es comme une étoile, c'est quand tu meurs que tu es beau à regarder, que tu brilles le plus. Une agonie photographiée pour l'éternité, tout les satellites du monde branchés sur ton rictus. Ils viennent, ils payent pour t'entendre raconter tes beaux mythos poudrés.
C'est ça mon problème. C'est des gens dans ton genre qui rendent le monde pourri, en petite dose qui comme de l'arsenic suffissent pour tuer.
Parce que tu te rapproches de ma définition du parfait, de ce que ne serai jamais. C'est écrit dans les lignes de l'humanité, parce que je ne peux pas te ressembler je vais essayer de te voler. Mais parce que je ne peux pas te posséder, je finirai pas t’inhaler. Je n'aurai qu'à pleurer sur tes cendres et contempler ce qu'il reste de l'oeuvre en laquelle je me retrouvais.
Je ne suis pas rien, je suis un homme, de ceux qu'on ne fabrique plus, que l'histoire n'a pas oublié.
Je voulais faire beaucoup de choses quand j'étais gosse. Je voulais devenir avocat au départ mais défendre le diable m'a effrayé, je voulais encore aller au paradis. Mon père m'avait raconté qu'on pouvait  nager avec des sirènes là-bas, mais pas celles qui ont envie de te bouffer. Je me disais que c'était le seul moyen de revoir ma mère,parce que je ne savais pas où chercher.
J'ai découvert Facebook, j'ai arrêté de croire en n'importe quel entité.
Je me suis imaginé flic, ça m'aurait bien amusé de taper sur des voleurs, de les plaquer la face au mur et leur passer les menottes, gueuler, leur dire à quel point je les hait. Jusqu'à ce que je devienne un voyou et que je crame la seule chose qui m'aurait permit d'y arriver. Un truc entre l’obéissance et ce qui rend leurs chiens dévoués.
Je suis pas doué pour obéir aux ordres, pas que j'ai une dent contre l'autorité, mais je n'arrive pas à rentrer dans leur moule. Une part de rêve qui ne veut pas s'en aller, comme un pissenlit je souffle dessus à m’époumoner mais il reste toujours un pistil. Je fais comme tout le monde dans ce cas là, je laisse tomber et je passe à autre chose. (Mon champ était vide, si tu veux savoir, je n'ai pas retrouvé de pissenlit. Je n'ai plus imaginé)
Et puis.
J'aurai été de la chair à canon qu'on aurait balancé du navire pour permettre à toute une armée de s'en sortir. Je me croyais assez important pour protéger ma petite existence, je voulais pas être qu'un nom. J'aurai été un lâche, je n'aurai pas voulu y aller si je savais que je pouvais y rester.
Je voulais être Lyon.
« Je suis Lyon. »
Quand on est jeune, on s'imagine que c'est important un prénom, jusqu'au jour ou tu baises avec un inconnu et que t'oublie jusqu'à ton propre nom. A partir de là, c'est du détail, c'est une anecdote de famille que tu caches en griffant un peu sur tes papiers. Sur lequel tu mens. T'as honte, ou t'es fier. C'est le tient, ou celui de ton ombre. Ta prison.
Pseudo.
Fausse carte.
Et à la place de ton visage les gens ne voient plus que deux poings fermés, ils n'entendent plus de ta voix que des gros mots de violence, loin de ceux d'amour quand on savait encore arracher des douceurs.
C'est comme ça qu'on se défend maintenant, on se frappe, on s'insulte.
On insulte ta mère.
On insulte ton père.
On insulte ta soeur.
On t'insulte toi, avec la bouche en coeur.
Préjugé.
J'ai entendu parler de poètes qui s’avaient aiguiser leurs mots comme des lames et bien les planter, des légendes urbaines plus difficile à croire qu'un éventreur qui s'amuse à tuer des prostituée. Moi je sais que cracher, pas comme un pauvre lama non, je viens pas d'un pays où le soleil brille, je suis pas en fourrure, je suis pas doux, pas tant mesquin et con. Mauvais en totalité, une âme à damner. Mon animal totem c'est le serpent, c'est la pire carte que tu peux trouver dans ton jeu de carte, celle que tu pioches et que tu regrettes de tenir entre tes doigts desséchés. T'as beau mentir, celle là elle te fait flipper, au cas où pour une fois ce serait la vérité.
« Je suis la loupe, t'as toujours pas pigé ? »
Je trébuche.
Ça te ferais trop plaisir que je tombe. Que je finisse par terre les quatre fer en l'air. J'ai appris à résister aux petits coups de ton genre.
L'espace personnel, à quoi ça sert sinon à se cacher.
A peine que tu me touches y a ton poignet qui se retrouve entre mes griffes et c'est bien parce que je veux pas t'empêcher de bosser que je le brise pas. Pour t'entendre crier.
Ta douleur me suffit plus, je suis de plus en plus assoiffé.
« Toi, toi, toi t'es pire. Toi t'es un menteur, toi tu fais croire que ça va aller alors que non, ça va s'empirer ! »
Je t'en veux. Je t'en veux de toute mon âme. Parce que je me dis en te voyant que ça peut s'arranger. J'ose y croire un instant, que je vais arrêter de vouloir t'étriper rien qu'en détournant le regard une seule seconde, que tout va redevenir normal dans ma tête et que ça va arrêter de brûler.
Tu fais croire au monde qu'on va tous se relever.
Tu fais croire au monde ce que le monde veut entendre et le monde te raconte ce que tu veux bien écouter et dans votre bel mélodie de mensonge vous embarquez tout l'univers comme un trou noir qui est en train de tout dévorer. Vers là où il n'y a plus rien.
Je suis. Rempli de désillusions.
« Je te déteste, parce que tu mens, parce que t'es pas vrai. T'es pas réel. Moi j'y croyais. »
A tout mes rêves.
A toute ces choses. Qui sont parties.
Que je n'ai pas réussi à attraper.
Qu'on m'a volé.
 
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Ringo


MessageSujet: Re: mes désirs sont désordres ◭ ringo    Mar 24 Jan - 15:24

C'est pour ça qu'il se bat ? C'est pour ça qu'il continue à parcourir les rues de Gris, à désenchanter et enchanter ? C'est pour ça et juste ça ? Qui n'a pas de nom, qui a tout juste un visage et qui peine à se détacher de la masse noire qui l'entasse à terre. Qui l'enfonce petit à petit. Quelque part, il aimerait savoir ce qui a pu le mener là. Quelque part, il est curieux de connaître les origines de sa gangrène qui sort par tous les pores de sa peau. Pourtant, pourtant il se tait et garde les questions tout à l'intérieur pour que jamais il découvre une quelconque sympathie. C'est ça le but, c'est se haïr jusqu'à ce que la mort suive son petit chemin. C'est se détester. C'est se griffer. C'est s'arracher. C'est pas vraiment de l'amour, c'est pas vraiment un meurtre non plus. Juste un petit suicide en duo qui se termine seulement par des bleus et peut-être, quelques bouts paralysés ici ou là. Sans trop savoir. Sans trop suivre le schéma logique. Et lui là, Lyon, il a l'air de supplier le Seigneur de lui filer une deuxième chance. Mais Ringo il parle pas aux entités plus grandes, il parle qu'à celles qu'il sent à travers des frissons légers, il parle qu'aux inventions qu'il frôle du bout des ongles, ces inventions auxquelles il sourit inlassablement.

Y'a pas de deuxième chance, hein ?
Bien sûr que non.

Il fronce les sourcils, il sent tout son poids retomber sur son poignet qu'il garde emprisonné. Il veut foutre l'oiseau dans ses barreaux, il veut l'empêcher de chanter, il veut le réduire à néant, le passer sous une douche d'acide et y altérer les restes. Et le voyant, lui, il a juste envie de rire. Nerveux. Y'a que des boules qui se forment sous ses muscles, des spasmes qui s'étalent, des tremblements à peine perceptibles ridicules. Faudrait quelque chose. Un foudroiement. Une lune qui tombe pour les écraser. Ou quelque chose de plus petit, de plus microscopique, à sa taille, à son échelle plus que branlante. Il inspire profondément, hausse les sourcils. Puis il se rapproche, il se penche à son oreille, il plante son venin.
- T'es personne pour moi. Tu pourrais t'appeler Betty que j'en aurais strictement rien à foutre. Si. Il est quelqu'un. Il est celui qu'a fait l'impensable, qui l'a ramené dans l'univers des grands, dans celui qu'il évitait jusqu'ici. Il a détruit la bulle. C'est pas faute d'essayer de souffler dans le matos en plastique pour qu'elle revienne : elle est plus assez grande. Personne. Faut échanger le rapport de force, qu'il se trouve en domination. Ou en soumission. Il sait plus trop.

Et sa main tenue en laisse, elle se détend.

Il lâche prise. Il sent sa respiration. Il sent son sang frapper durement contre ses tempes, les quelques rougeurs il peut les voir, l'odeur salée de sa tignasse trop longue. Sa mère était un peu bête parfois, elle lui disait que tout pouvait se réparer d'un sourire, d'un peu de sable coloré dans la face, d'un baiser scotché sur la joue, sur la bouche ou sur le front.

A la place, il assène un coup de tête.

Crac.

C'est à peu près le son que fait le nez de Lyon. Il le lâche. Alors Ringo recule, remet sa capuche et ses poings dans ses poches.
- Sayonara, pétasse.
C'est pas lui. Il est possédé. Ou un peu taré. Mais il part, il grouille, il court aussi vite que possible. Si au moins il pouvait s'évanouir dans l'air, comme une particule.
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