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 nuits fauves ◭ ringo

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Lyon


MessageSujet: nuits fauves ◭ ringo   Mar 24 Jan - 21:57

se noyer dans les nuits fauves


ringo


Je suis un animal nocturne, je chasse la nuit tombée. Ça m'abrite des regards de chasseurs qui pourraient me toucher. Me couler.
Je ne sais pas nager à travers la foule, ce n'est pas comme le courant, je ne le sens pas venir contre mon corps, je ne peux pas le dompter. La vague de la foule elle est versatile. Un instant elle est autour de moi, elle encercle, elle menace. Je suis leur rock-star et j'attend ce moment où les crocs vont se refermer. Je ne peux que hurler en silence et prier.
Aucun dieu.
L'instant d'après on m'évite. Retour à la normale, il n'y a que les particules de peurs et fierté qui lévitent.
Je suis dans le viseur de tout le monde, je m'imagine pourchassé, je me retourne à chaque ombre qui essaye de me dépasser. Je suis parano forcé, j'appelle surtout à être remarqué. A l'ivresse d'un accident. Je joue mon propre film dans laquelle se tourne la scène de mon enlèvement. Je marche comme à mon habitue le long du port jusqu'à ce que le contour d'un visage kidnappe une partie de mes souvenirs et ravive d'ancienne douleurs.
Sur le script il est écrit que je dois détourner le regard et tracer ma route comme tout le monde fait, continuer sur le chemin prédéfini qui m'a été donné et faire ce qu'on fait de mieux quand on est mon genre de gars. Mais je crois que tu as du piger avec le temps, que je n’obéis pas aux règles cosmiques qui dirige mon petit univers. Je le détruit sans cesse, je le reconstruis sans fin. Il y a toujours un élément qui vient tout faire foirer. Quelqu'un chose qui me fait dérailler.
Il y a ta gueule que j'ai le malheur d'encadrer.
« Salut fils de pute, je t'ai manqué ? »
Je te repousse comme tu l'as fait sur moi, quelque instant avant d'écraser ta gueule de con et de franchir des barrières. Je suis pas rancunier, mais j'ai pas la mémoire courte, mais je t'assure que j'aurai bien aimé t'oublier.
Jusqu'au dernière moment je me suis demandé si t'allais pas faire ta pute et me coller un baiser. Je me demandais avide où j'aurai pu te claquer,, mais t'as le sens des affaires et à la place je me suis retrouvé avec autant de sang que j'ai fait couler de sel du creux de tes larmes. Et une dernière fois on se renvoie la balle.
Je t'attrape par les épaules entre le sourire et le sérieux, y a le coin de mes lèvres qui s'ourlent pour déconner de la connerie à venir, y a déjà ma conscience qui essaye vainement de me retenir et qui laisse couler dans le regard ce petit air de chien désolé. Quelque part, je ne sais toujours pas ce que je fais. Je t'ai haït à te tuer, mais je m'en trouve incapable parce que j'ai peur de m'ennuyer.
Je me paye pas l'arnaque de te taper la bise, à la place je t'entraîne avec moi aussi dessus du port. Presque l'illusion de voler, alors qu'on vient juste de se balancer du rebord (je, nous ais balancé).
Je défie l'hiver et je défie le froid et surtout je te défie toi. T'es venu sur mon terrain, tu l'as cherché, c'est l'excuse qui je me suis donné si on devait te retrouver congelé.
Tu sais dans la foule, je sais pas nager, mais dans l'eau, je suis un putain de pois(s)on. Je veux savoir si t'arrives à t'échapper où si je suis définitivement le requin.
Je veux te bouffer. Tout cru.
Elle est fraîche, elle pique un peu, elle poisseuse contre les fringues mais elle réveille.
C'est ça le réveil dont j'ai besoin.
Que ça brûle.  
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Ringo


MessageSujet: Re: nuits fauves ◭ ringo   Mar 24 Jan - 23:06

Il cherche.
Il cherche les emmerdes, il cherche l'embrouille, il cherche la galère. Il cherche la mer, aussi. Il reste debout, bien fixe, bien planté sur le bois à regarder l'horizon sans trop chercher pourquoi. C'est sans doute la révolution en interne, c'est sans doute le petit instant où toutes les questions s'entassent et se révèlent. C'est la pensée qui prend place, c'est la connerie qui se déplace. Il inspire profondément. Il a récupéré sa belle gueule d'apôtre, il a pas gardé de sévices. Peut-être un reste jaunâtre sur ses côtes du coup bien placé. Rien de plus. C'est comme s'il avait pas existé. C'est comme si c'était qu'une gargouille descendue de sa bâtisse, et qu'elle était revenue tout en haut pour se figer. Alors il se permet de bien respirer, d'inhaler l'odeur un peu poisseuse du coin. Les marins, ils aiment pas les forains, et c'est pour ça qu'il préfère squatter les lieux quand y'a pas de regards indiscrets. On lui fout la paix. On l'assène pas d'insultes. On le laisse être. Mais pas longtemps, parce que forcément, ce serait pas marrant. Y'aurait pas de quoi se poiler la gueule une fois rentré au bercail.

Chier.

Lyon le personne. Personne le Lyon. Le mec-lourd-qui-frappe. Ou autre sobriquet, nom d'oiseau qui lui irait, dont pétasse en chef. Il fronce les sourcils, il sent sa respiration se bloquer quelques secondes. Alors c'est ça, maintenant il est définitivement foutu. Ou peut-être pas. Tout s'enchaîne trop vite. Y fait froid d'un coup et c'est tout mouillé. Ses vêtements collent à sa peau, il cherche l'air mais c'est que des bulles qu'il sort de ses lèvres. Sort la tête, vite, rapidement. Fils de pute, c'est nouveau ça, il a dû y réfléchir longtemps pour se permettre une telle aparté. Bien, il est inspiré. Son nez a pu reprendre un peu de splendeur, il a pas été trop amoché. L'est pas si moche quand il veut, quand il tire moins la gueule et qu'il se donne au moins la peine de tirer un sourire. Pas très grand. Tout petit. Mais ça vaut ce que ça vaut ; un bon point.
- BORDEL DE MERDE.
Il veut pas rire, Ringo, ce serait lui faire trop plaisir et lui donner raison, surtout qu'il se doute qu'il veut le noyer ou au moins lui écraser la gueule avec un filet. Le prendre en chasse, puis le caler au-dessus de sa cheminée en trophée.
- Bain de minuit ? Sourcils froncés, reste sur la défensive au cas où faudrait lui remettre les narines pas droites. T'es pas chiant ça va. T'es pas instable non plus là aussi ça va. Je doute par contre de ton foutu bon sens, gros con. Il s'éloigne pas. Il reste puis secoue sa tignasse, semblable à un clébard heureux.

Idée du siècle. Génie du jour, il se retient d'applaudir.
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Lyon


MessageSujet: Re: nuits fauves ◭ ringo   Mer 25 Jan - 21:06

se noyer dans les nuits fauves


ringo


J'ai pas ton nom. Tu m'appelles pétasse, gros con, jamais Lyon. ça doit être trop tôt encore. Je pourrais te le faire crier pour que ça s'imprime dans tes circuits rouillés. Je n'ai jamais éprouvé de pitié pour personne, même pour moi même. Mais si je devais un jour commencer à le faire, c'est toi que j'irais voir en premier. T'es comme un jean délavé, t'avais du bleu dans les yeux, tu devais être une créature d'amour, un petit ange que cupidon a raté. Maintenant t'es tout gris.
Comme un vieux, mais t'es jeune à en crever. Combien de personnes ont voulu t'essayer ? Ça me dégoûte presque.
J'aime imaginer que tu es en verre et que je peux te faire tomber, ça me procure une sensation que j'ai jamais ressentie avant de te rencontrer. J'ai déjà été un connard avec quelques personnes et à chaque fois c'est la même histoire. 
Je crois que je m'attache, que je me force comme ça à connaître des détails et qu'à force de trop en savoir les personnes deviennent importantes. Dès le moment où je peux leur donner un nom, que je peux entendre leur voix en fermant les yeux. Quand j'arrive à déterminer trois anecdotes sur leur personnalité.
Mais pour eux, je ne suis personne.
Et je pense que je vais le rester, parce qu'après tout à part des coups je ne sais pas bien ce qu'on pourrait partager. Je te châtie parce que je t'aime bien. Je cherche mais je ne trouve pas le moyen de me justifier.
Je n'ai pas envie de me justifier.
« Je préférais pétasse encore, tu vois. Et toi je dois t’appeler comment ?»
Je regrette déjà d'avoir plongé. Sur le moment je sais pas pourquoi ça m'a semblé intéressant, comme un rite de passage dans un clan.
Imiter une scène vue et revue dans ces comédies à chier pour se l'approprier. Parce que pourquoi pas.
Je fais ce que je veux.
C'est poisseux, ça colle sur la peau et détaille les traits. Rien à voir, passe ton chemin, j'ai rien du gars musclé comparé à toi.
Même que maintenant que je l'ai remarqué j'ai du mal à détacher les yeux du spectacle, si s'en est un.
Je me demande pourquoi tu te caches sous ta veste de voyou alors qu'il y a clairement rien de moche à abriter des regards indiscrets.
« Si j'avais su que le crapaud se transformerait en prince en le jetant dans l'eau, j’aurai balancé un sceau d'eau sur ta tête la première fois. J'me suis donné du mal pour rien. Choqué mais je sais pas si je suis déçu. »
J'ai l'impression d'avoir des dalles en béton sur ma tête, dans mes poumons, juste assez pour me faire couler. A jouer le con comme ça, tout ce que je vais gagner, c'est de finir tout bleu. On flotte un instant, puis faut y retourner.
« On fait la course, le chinois, le premier qui rejoint le bord ? Je suis sur que t'es le genre de gars à parier, moi j'aime bien jouer. Surtout avec toi. »
Mais dépêche toi parce que je vais pas attendre là, pendant des heures.
J'ai déjà choppé deux fois la mort en faisant du sur place.
La troisième qui va jamais sans les deux, c'est quand j'ai découvert que t'avais des muscles sous ta carcasse de chihuahua pur et chaste.
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Ringo


MessageSujet: Re: nuits fauves ◭ ringo   Sam 28 Jan - 15:33

Comment l'appeler. Comment faire, ici, maintenant. Comment, pourquoi. Et tout ce bordel qui continue à l'esprit, faut faire le tri, faut faire un peu de rangement entre ce qui est ce qui est pas. Y'a Ringo avant tout, y'a Minjae aussi dans le fond. Celui qu'a une carte d'identité qui déballe joyeusement son nom, tout ce qui faut savoir, tout ce qu'il lui faut pour être tout simplement. Pourtant, pourtant même sur ce qu'il est il est plus vraiment sûr. Minjae, c'est pas qu'il est mort. C'est juste qu'il est étouffé, attend de reprendre l'air dans un coin. En attendant, y'a juste Lyon pour faire la conversation pendant que l'illustre inconnu se tait. La lune s'indigne peut-être au même titre que l'océan qui voudrait les recracher, les reposer sur la terre ferme. Ici, c'est pas pour eux. N'empêche que la houle apaise progressivement la haine qui s'accumule sous la peau, qu'elle rétrécit. Oh il peut encore la sentir du bout des doigts de l'autre, il peut la percevoir à travers le clignement de ses yeux. N'empêche qu'elle s'entasse, qu'elle repart dans un coin. Pour mieux laisser des rires, quelques sourires au détour d'un blabla incertain. Il pince sa lèvre inférieure Ringo, il se remet à mordre la chair alors qu'il continue toute sa déblatération qui a aucun sens. Y comprend pas. Y pige pas. Il a tout de la nature humaine, de ces marins qui cherchent encore un port où accoster.

Lyon. Lyon c'est une épave perdue, c'est une épave qui erre en attendant de se faire hanter ou retaper. Il fait rien pour s'aider, ni se sortir des orages qui tombent sur son bois massif. Il perd tout. De sa grandeur, de sa splendeur, de sa jeunesse d'antan qui lui donne soudainement l'air d'un vieillard aigri par maintenant. Y'a un couac. Y'a un souci avec la concordance de son âme et ce que veut dire sa carcasse charnue, tiraillée par ses os trop pointus. Y secoue la tête, le voyant. Parce que de toute façon il a rien à dire pour l'instant, c'est l'heure de se surpasser, de jouer les enfants pour au moins y croire quelques secondes. Il se donne pas franchement de mal, il se tue pas dans l'effort. Il se donne, un peu, pas tout entier. Il veut pas tout montrer, peut-être bien parce qu'il l'aime cette idée de l'intéresser. Sur le bord en bon second, il se relève mollement en se retenant de se vautrer à nouveau dans la flotte. C'est pire qu'avant. Et ça colle à un point qu'il se sent crade. Froncement de sourcils, il passe une main dans sa tignasse rongée par l’ammoniaque.
- Ah ouais ? Parce que t'es à vapeur en plus ? Grincement de dents. C'est pas possible de faire copain-copain, hein ? Il roule des yeux. Mais ça explique tout alors, tu dois être le genre frustré qui mate sous la douche et qu'a jamais baisé. Constat à demi-mot, haussement d'épaules. Rien que pour blesser un peu, ou pour titiller encore plus. Qu'il voit rouge. Qu'il l'envoie balader à son tour, bien dans les roses pour qu'il en retire des fêlures. Bah, t'es jeune et particulièrement con, comment t'en vouloir ?
Il attend pas longtemps, il s'assoit sur le rebord, sur le bois qui grince et qui raconte beaucoup de choses. Combien de types sont passés ici pour amarrer ? Combien d'amoureux se sont séparés ? Combien de personnes ont-elles été tuées ? Il pousse un soupir, cale ses coudes sur ses cuisses et fixe l'horizon.
- Et toi ? Comment tu veux m'appeler ? Rictus, oeillade discrète pour dévisager sa mine imparfaite, taillée dans du granit ou du charbon. Y'a trop de cheveux qui cachent, trop de cheveux à emmêler, tenir, accrocher. Il y passerait bien les doigts. Sauf prince j'entends, ce serait mentir sur la marchandise. La veste dégage, rejoint le sol pour sécher ne serait-ce qu'un peu. Au pire, il peut bien choper la mort - c'est pas la fin du monde.
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